vendredi 1 février 2008

Demons












ATTENTION, ENORMES SPOILERS, NE LIRE QUE SI VOUS AVEZ VU LE "FILM" (ou si vous ne comptez pas le voir...)






L'histoire est simple, mais se veut pleine d'ambitions: le film dans le film, le parallele entre la fiction et la réalité, le tout bien gore à la sauce ritale. Enthousiasme d'un coté, baillement poli de l'autre. Le film s'ouvre sur une vraie fausse poursuite meme pas flippante et meme pas logique (rassurez vous, ce sera comme ça tout le long du film) pour finir par installer les 3/4 du "scénario" (j'ai des scrupules à utiliser ce mot): il ya un film dans un cinéma! Alors tout le monde y va.



Heureusement, celui qui distribue les places a la bonne idée d'en faire profiter tout le monde. Ainsi, les Blacks craignos, l'aveugle et sa femme adultere, son amant, des jeunes adultes en chaleur, des jeunes adultes coincés, un vieux raleur se rendent au cinéma, et donnent leur tiquet à une guichetiere qui parait étrange, comme si elle savait quelquechose, qu'elle le cachait aux personnages, mais s'arrangeait pour que la personne qui regarde Demons le sache (attention montée du suspense...on s'apercevra finalement que non, c'est un personnage comme les autres, qui n'a rien à cacher, rien à foutre là...mais bon, on y a cru, c'est deja ça). Et là vient le drame. Que dis-je! le cataclysme! Une des blackos craignos se blesse en retirant un masque! Avec une pointe spéciale qui ne pique que quand on l'enleve. Le tout sous l'oeil de la guichetiere qui semble nous cacher quelque chose! L'incident passé, tout le monde se retrouve dans la salle. Assis sur des chaises en bois, les spectateurs assistent (je ne peut pas dire "regardent", il ya un aveugle dans la salle et des jeunes adultes en chaleur) à un film d'horreur tout pourri. Et là la magie du film nous apparait: nous regardons un film pourri dans lequel il ya un film pourri! Le parallele est là! Forts, ces italiens, il fallait y penser...Et en plus ya un personnage du film dans le film (oui, ça devient compliqué cette histoire de films) qui se pique avec un masque en le retirant! La légende dit qu'il devrait bientot se transformer en démon (sous entendu: tu vas avoir une gueule de con, des yeux globuleux, des dents pointues, tu vas vomir vert, tu vas etre ridicule, et tu squatteras devant l'écran, un gros plan sur ta tronche, pendant 10minutes de métrage). La blackos craignos qui s'est faite piquos par le masquos décide alors de sortiros de la sallos...et croise la guichetiere qui semble nous cacher quelquechose...



Et là, scenes gores: de la morve sur le miroir! Puis peu à peu, les spectateurs commencent à etre infectés. Et à mourir. Et à se transformer. Et à tuer. Avec des scenes gores moches, débiles, à mourir de rire. Tiens! Des méchants voyous rebelles -dont on n'a rien à foutre- dans une voiture. Tiens, le passage obligé du "je suis infecté, tue moi!" "mais non, tu es mon ami, je t'aime" "tue moi si tu m'aimes! je ne veux pas devenir un méchant démon tout moche et ridicule!" "d'accord, mais je vais attendre que tu te transforme, histoire de voir à quoi tu ressembles" "BEUARRRH je me transforme" "PAN!" (oui à ce moment du film, le héros utilise un sabre). Je m'enflamme, je m'enflamme, je m'aperçois que j'ai oublié de parler de LA SCENE CULTE! DONT TOUT LES MAGAZINES SPECIALISES PARLENT! DONT LA PHOTO EST PARTOUT! ET QUE MEME LA POCHETTE DU DVD MAD MOVIES ENCENSE! LE DEMON QUI SORT DU CORPS DE LA VICTIME! Nan mais franchement, tout le monde s'est donné le mot pour se foutre de notre gueule sérieux? J'ai rarement vu un truc aussi débile, aussi gratuit, aussi mal fait. Rétablissons la vérité: la scene culte n'est qu'un truc plus grotesque que le reste du film. Ce en quoi elle est certainement remarquable il est vrai... Entre temps, tout le monde s'est transformé en démons, dont les blackos craignos, les méchants voyous rebelles, la guichetiere qui finalement ne savait rien, sauf les deux héros.



Et là on se demande comment ils vont s'en sortir. Ce faisant, nous avons sous estimé l'inertie mentale du scénariste et l'incroyable instinct de survie des personnages. Dans le hall une moto promotionnelle pour le film. en état de marche et dont les clés sont sur le contact. Lui : "et si on faisait un tour en moto?" Elle: "D'accord, mais on fait plusieurs fois le tour de la salle, sinon ce n'est pas drole" "OK, mais permet moi de rouler sur les sieges" "Oh, d'accord, tu penseras à faire de grands gestes avec le sabre pour faire semblant de tuer les démons moches et ridicules!"... Et nous voila partis pour 10 minutes de film. A ce stade là, on n'en rit meme plus, on n'en soupire pas plus...On est lobotomisés. La moto tombe? Bof, peu d'importance, un hélicoptere finira bien par tomber au milieu de la salle. La logique? Envolée avec le monteur, la continuité des scenes et l'intelligence. M'est avis qu'ils ont embarqué dans un hélicoptere... Un bon gros 0/6 donc, et meme s'il m'arrive régulierement de casser des films, je suis rarement aussi expéditif dans la note. Mais quand rien de rien n'est à sauver (à part peut etre la scene dans les conduits), quand le cerveau est porté à ébullition et qu'il me coule des oreilles à 20 minutes de la fin, quand le gore n'est qu'un prétexte à une débilité difficilement imaginable, je n'ai guere le choix.
Ste²ve




2 commentaires:

CAMIF a dit…

C'est pas beau de toucher au culte. Un jour tu seras le dos tourné et c'est toi qui l'auras dans le culte.

Le Lombric a dit…

Ouai, on a bien vu le même film. Par contre, es-tu bien sûr que la guichetière n'était au courant de rien...